Recrutement en intérim des collectivités locales : quels atouts, quelles pratiques ?
Dans une logique d’harmonisation des règles relatives aux différentes fonctions publiques, et d’assouplissement de la gestion des ressources humaines des collectivités, la loi du 3 août 2009 a étendu à toutes les fonctions publiques un usage déjà présent dans les hôpitaux : la possibilité d’avoir recours à l’intérim, sous conditions, via leur centre de gestion, ou à défaut, des entreprises privées de travail temporaire. Une avancée significative au service du bon fonctionnement des services publics, confrontés à des difficultés de gestion des remplacements et/ou de recrutements de leur personnel contractuel dont de nombreux métiers sont en tension. Zoom sur les modalités, les avantages et le recours effectif à l’intérim au sein des collectivités.
13 January 2025
Dans une logique d’harmonisation des règles relatives aux différentes fonctions publiques, et d’assouplissement de la gestion des ressources humaines des collectivités, la loi du 3 août 2009 a étendu à toutes les fonctions publiques un usage déjà présent dans les hôpitaux : la possibilité d’avoir recours à l’intérim, sous conditions, via leur centre de gestion, ou à défaut, des entreprises privées de travail temporaire. Une avancée significative au service du bon fonctionnement des services publics, confrontés à des difficultés de gestion des remplacements et/ou de recrutements de leur personnel contractuel dont de nombreux métiers sont en tension. Zoom sur les modalités, les avantages et le recours effectif à l’intérim au sein des collectivités.
Le recours à l’intérim dans les collectivités locales : une réponse face à des tensions de recrutement qui augmentent
La collaboration entre collectivités et entreprises de travail temporaire offre une complémentarité « public-privé » vertueuse à de nombreux égards, et de plus en plus mobilisée par les RH publiques. Selon une récente étude d’envergure conduite par le CNFPT (1), si 35 % ont aujourd’hui recours à la mission d’intérim territorial de leur centre de gestion (CDG), 25 % se saisissent aussi des opportunités offertes par les autres prestataires de travail temporaire : un des moyens à leur disposition pour contourner les tensions importantes de recrutement subies par 64 % des collectivités locales répondantes (et jusqu’à 80 % dans les régions Bretagne, PACA, Pays de la Loire et Île-de-France). Parmi les métiers dont les postes sont les plus difficiles à pourvoir figurent :
- les métiers techniques et environnementaux, pour 41 % des répondant·es (plus particulièrement en matière de recrutement d’agents techniques polyvalent·es en milieu rural, d’ouvriers et ouvrières de maintenance des bâtiments, d’agents de restauration, ainsi que de jardiniers ou jardinières) ;
- les métiers de la citoyenneté, de l’éducation, de la culture et du sport pour 36 % (en tête, les animateurs ou animatrices d’accompagnement périscolaire, ou encore enfance-jeunesse).
Selon les dernières statistiques officielles (2), 23 % des effectifs de la FPT sont contractuels, et 68 % d’entre eux en CDD; la proportion la plus élevée de toutes les fonctions publiques. Ces CDD sont majoritairement inférieurs à 1 an(55 %).
En quoi le travail temporaire constitue un outil de GRH publique à part entière ?
Principales causes des difficultés RH rencontrées par les collectivités : l’échec des projets de recrutement initiés (78 %), les difficultés de fidélisation des agents en poste (49 %), et un turn-over qui s’intensifie (44%) (1). Des problématiques auxquelles le savoir-faire et la logique de fonctionnement des agences de travail temporaire peuvent justement répondre :
- souvent mieux connues et visibles des candidat·es, les entreprises de travail temporaire disposent généralement de viviers de ressources plus larges et diversifiés que ceux des centres de gestion, permettant ainsi de compléter leurs solutions. Notamment dans le champ des métiers techniques, dont les compétences professionnelles sont facilement transférables du secteur privé au secteur public, mais aussi de plus en plus en matière de métiers plus spécifiques à « l’univers territorial », comme ses métiers supports et métiers d’animation.
- dotées de moyens éprouvés d’évaluation des compétences, techniques et comportementales , les agences d’intérim sont aussi très réactives en matière de formation ou de mise à niveau,afin de garantir une adéquation optimale entre besoins des collectivités et candidat·es ;
- certains de leurs dispositifs, tels que le CDI intérimaire, permettent plus facilement de fidéliser les recrues temporaires, par exemple d’un remplacement ou d’une saison sur l’autre ;
- l’entreprise de travail temporaire employant directement l’intérimaire, elle est aussi en charge de tous les actes de gestion RH associés (sourcing, évaluation, pré-sélection, contractualisation, autres formalités d’embauche, paie, versement des cotisations, gestion de la fin de contrat). Un gage de souplesse et de simplicité.
Saviez-vous qu’Adecco dispose d’un service dédié au secteur public, réparti sur toute la France, qui accompagne déjà plus de 120 structures publiques pour répondre à leurs besoins d’emploi ? Nos objectifs : élaborer des dossiers de réponse conformes aux normes de la commande publique, suivre et actualiser régulièrement nos contrats-cadres, créer des réponses techniques sur mesure, pour optimiser et anticiper les solutions dont dépendent les collectivités et établissements publics français !
Des motifs de recours à l’intérim qui restent toutefois très encadrés dans le secteur public
Si le recours au CDD ou à l’intérim est limité à certains motifs précis d’embauche pour les entreprises du secteur privé, c’est aussi le cas pour les employeurs publics. Si cette forme d’emploi est ouverte au recrutement de tous les postes et les catégories d’emploi (A, B, C), la loi n° 2009-972 du 3 août 2009 et la circulaire du 3 août 2010 décret d’application en énumèrent limitativement les cas de recours :
- Remplacement momentané d'un·e agent (titulaire ou non-titulaire), notamment en cas de congé maladie, maternité ou parental, passage provisoire à temps partiel, ou encore participation à des activités particulières ;
- Emploi temporairement non pourvu, du fait de difficultés de recrutement dans les conditions statutaires (absence de candidatures adaptées, par exemple) ;
- Accroissement temporaire d'activité ;
- Besoin occasionnel ou saisonnier (saison touristique, élections, etc.).
Par ailleurs, chaque mission d’intérim est limitée à 18 mois maximum, renouvellement compris. Au-delà, une période de carence doit être observée entre 2 missions.
Enfin, le recours aux entreprises de travail temporaire n’est possible que lorsque le centre de gestion de la collectivité concernée, sollicité préalablement, n’est pas en mesure de satisfaire son besoin ponctuel.
Le recours à une agence d’intérim constitue un marché de prestations de service, soumis aux principes qui régissent la commande publique. S’il peut donc relever de la procédure négociée « allégée » en cas de marché inférieur à 40 000 euros HT, au-delà il doit en revanche satisfaire aux conditions de publicité et de mise en concurrence en vigueur.
En tant que structure publique, vos besoins RH sont uniques. Nos solutions aussi !
(1) CNFPT, Les métiers territoriaux en tension : attractivité et difficultés de recrutement des collectivités locales, 12/2023.
(2) Ministère de la Fonction publique, Rapport annuel sur l’état de la fonction publique , édition 2024.

Dans une logique d’harmonisation des règles relatives aux différentes fonctions publiques, et d’assouplissement de la gestion des ressources humaines des collectivités, la loi du 3 août 2009 a étendu à toutes les fonctions publiques un usage déjà présent dans les hôpitaux : la possibilité d’avoir recours à l’intérim, sous conditions, via leur centre de gestion, ou à défaut, des entreprises privées de travail temporaire. Une avancée significative au service du bon fonctionnement des services publics, confrontés à des difficultés de gestion des remplacements et/ou de recrutements de leur personnel contractuel dont de nombreux métiers sont en tension. Zoom sur les modalités, les avantages et le recours effectif à l’intérim au sein des collectivités.
Le recours à l’intérim dans les collectivités locales : une réponse face à des tensions de recrutement qui augmentent
La collaboration entre collectivités et entreprises de travail temporaire offre une complémentarité « public-privé » vertueuse à de nombreux égards, et de plus en plus mobilisée par les RH publiques. Selon une récente étude d’envergure conduite par le CNFPT (1), si 35 % ont aujourd’hui recours à la mission d’intérim territorial de leur centre de gestion (CDG), 25 % se saisissent aussi des opportunités offertes par les autres prestataires de travail temporaire : un des moyens à leur disposition pour contourner les tensions importantes de recrutement subies par 64 % des collectivités locales répondantes (et jusqu’à 80 % dans les régions Bretagne, PACA, Pays de la Loire et Île-de-France). Parmi les métiers dont les postes sont les plus difficiles à pourvoir figurent :
- les métiers techniques et environnementaux, pour 41 % des répondant·es (plus particulièrement en matière de recrutement d’agents techniques polyvalent·es en milieu rural, d’ouvriers et ouvrières de maintenance des bâtiments, d’agents de restauration, ainsi que de jardiniers ou jardinières) ;
- les métiers de la citoyenneté, de l’éducation, de la culture et du sport pour 36 % (en tête, les animateurs ou animatrices d’accompagnement périscolaire, ou encore enfance-jeunesse).
Selon les dernières statistiques officielles (2), 23 % des effectifs de la FPT sont contractuels, et 68 % d’entre eux en CDD; la proportion la plus élevée de toutes les fonctions publiques. Ces CDD sont majoritairement inférieurs à 1 an(55 %).
En quoi le travail temporaire constitue un outil de GRH publique à part entière ?
Principales causes des difficultés RH rencontrées par les collectivités : l’échec des projets de recrutement initiés (78 %), les difficultés de fidélisation des agents en poste (49 %), et un turn-over qui s’intensifie (44%) (1). Des problématiques auxquelles le savoir-faire et la logique de fonctionnement des agences de travail temporaire peuvent justement répondre :
- souvent mieux connues et visibles des candidat·es, les entreprises de travail temporaire disposent généralement de viviers de ressources plus larges et diversifiés que ceux des centres de gestion, permettant ainsi de compléter leurs solutions. Notamment dans le champ des métiers techniques, dont les compétences professionnelles sont facilement transférables du secteur privé au secteur public, mais aussi de plus en plus en matière de métiers plus spécifiques à « l’univers territorial », comme ses métiers supports et métiers d’animation.
- dotées de moyens éprouvés d’évaluation des compétences, techniques et comportementales , les agences d’intérim sont aussi très réactives en matière de formation ou de mise à niveau,afin de garantir une adéquation optimale entre besoins des collectivités et candidat·es ;
- certains de leurs dispositifs, tels que le CDI intérimaire, permettent plus facilement de fidéliser les recrues temporaires, par exemple d’un remplacement ou d’une saison sur l’autre ;
- l’entreprise de travail temporaire employant directement l’intérimaire, elle est aussi en charge de tous les actes de gestion RH associés (sourcing, évaluation, pré-sélection, contractualisation, autres formalités d’embauche, paie, versement des cotisations, gestion de la fin de contrat). Un gage de souplesse et de simplicité.
Saviez-vous qu’Adecco dispose d’un service dédié au secteur public, réparti sur toute la France, qui accompagne déjà plus de 120 structures publiques pour répondre à leurs besoins d’emploi ? Nos objectifs : élaborer des dossiers de réponse conformes aux normes de la commande publique, suivre et actualiser régulièrement nos contrats-cadres, créer des réponses techniques sur mesure, pour optimiser et anticiper les solutions dont dépendent les collectivités et établissements publics français !
Des motifs de recours à l’intérim qui restent toutefois très encadrés dans le secteur public
Si le recours au CDD ou à l’intérim est limité à certains motifs précis d’embauche pour les entreprises du secteur privé, c’est aussi le cas pour les employeurs publics. Si cette forme d’emploi est ouverte au recrutement de tous les postes et les catégories d’emploi (A, B, C), la loi n° 2009-972 du 3 août 2009 et la circulaire du 3 août 2010 décret d’application en énumèrent limitativement les cas de recours :
- Remplacement momentané d'un·e agent (titulaire ou non-titulaire), notamment en cas de congé maladie, maternité ou parental, passage provisoire à temps partiel, ou encore participation à des activités particulières ;
- Emploi temporairement non pourvu, du fait de difficultés de recrutement dans les conditions statutaires (absence de candidatures adaptées, par exemple) ;
- Accroissement temporaire d'activité ;
- Besoin occasionnel ou saisonnier (saison touristique, élections, etc.).
Par ailleurs, chaque mission d’intérim est limitée à 18 mois maximum, renouvellement compris. Au-delà, une période de carence doit être observée entre 2 missions.
Enfin, le recours aux entreprises de travail temporaire n’est possible que lorsque le centre de gestion de la collectivité concernée, sollicité préalablement, n’est pas en mesure de satisfaire son besoin ponctuel.
Le recours à une agence d’intérim constitue un marché de prestations de service, soumis aux principes qui régissent la commande publique. S’il peut donc relever de la procédure négociée « allégée » en cas de marché inférieur à 40 000 euros HT, au-delà il doit en revanche satisfaire aux conditions de publicité et de mise en concurrence en vigueur.
En tant que structure publique, vos besoins RH sont uniques. Nos solutions aussi !
(1) CNFPT, Les métiers territoriaux en tension : attractivité et difficultés de recrutement des collectivités locales, 12/2023.
(2) Ministère de la Fonction publique, Rapport annuel sur l’état de la fonction publique , édition 2024.