Recruter en CDD ou CDI dans le secteur Transport-Logistique : quels enjeux d’ici 2024 ?

La crise sanitaire et ses conséquences économiques ont profondément bouleversé le secteur du transport et de l’entreposage, et sa reprise d’activité progressive a participé à accentuer davantage les tensions déjà présentes auparavant en matière de recrutement. Cet enjeu RH, traversé par des dynamiques d’évolution des métiers et de mutations du secteur, est en effet contrarié par une vive pénurie de candidat·es auquel il s’agit de remédier.

12 October 2023

Le marché de l’emploi du Transport-Logistique en 2023 : quels sont les freins au recrutement en CDI et CDD ?


Deux ans après les confinements sanitaires successifs, les chiffres du tourisme ont atteint un niveau record en 2022, et plus encore en 2023. Cet afflux, des ménages français comme de la fréquentation internationale, a permis de soutenir la reprise de l’activité en matière de transport de tourisme.

L’accueil dans l’Hexagone de plusieurs grands évènements sportifs en 2023 et 2024, ainsi que la crise énergétique actuelle qui impose au transport routier de développer de nouvelles stratégies, participent de plus à accentuer les besoins en compétences dans l’ensemble de la branche des transports et de la logistique.

Mais les besoins de recrutement du secteur se confrontent à de multiples difficultés (1) :

  • le manque de candidat·es qualifié·es (plus particulièrement aux métiers du transport routier de voyageurs) consécutif à la baisse de personnes formées durant les années de crise sanitaire du fait des contraintes d’organisation des centres de formation. Et ce malgré l’augmentation de + 16 % de nouveaux conducteurs et conductrices formé·es à la conduite de véhicules lourds en 2021, et la progression identique d’apprenti·es suivant une formation en Transport - Logistique ;
  • le besoin de renouvellement de la génération actuelle des salariés de la branche (et notamment des chauffeurs et chauffeuses), dont le vieillissement s’accentue : ils et elles sont 39 % à avoir plus de 50 ans, et l’âge moyen des salarié·es de la branche est de 44,5 ans (1) ;
  • l’attractivité en berne de certains métiers,notamment ceux relatifs à la conduite routière longue distance, ou aux fonctions d’entrepôt ;
  • un turn-over important,en augmentation constante depuis plusieurs années (qui s’est élevé à 23 % en 2021 contre 18 % en 2016).

Les 124 350 projets de recrutement 2023 (2) du secteur (dont plus de 83 % relèvent d’emplois en CDI ou CDD non saisonniers) sont donc contrariés par ces différentes problématiques. 58 % sont encore considérés comme difficiles par les recruteurs (contre 62 %pour 2022), notamment concernant :

  • les conducteurs de transport en commun sur route (82 % des recrutements jugés difficiles) ;
  • les conducteurs routiers (71 % difficiles) ;
  • les ouvriers non qualifiés de l’emballage et les manutentionnaires (53 % difficiles).

Les demandeurs et demandeuses d’emploi se positionnant sur les métiers du transport routier et de la logistique sont pourtant nombreux·ses : ils et elles étaient 621 480 fin 2021, visant en particulier le magasinage et la préparation de commande (161 610), la conduite et livraison sur courte distance (84 570) ou encore les opérations manuelles d’assemblage, de tri ou d’emballage (77 990) (1).


Pour bien recruter, mieux vaut connaître les aspirations professionnelles des salarié·es ! Pour cela, consultez le guide « Comprendre les aspirations professionnelles des employé.e.s et y répondre efficacement ». Les recherches d’Adecco, conduites auprès de plus de 1 300 employé·es dans 10 pays, peuvent vous aider à mieux anticiper cette situation et à dénicher les meilleurs talents pour votre entreprise !



Nouvelles pratiques professionnelles, nouveaux métiers et nouveaux facteurs d’attractivité : des enjeux RH de taille pour l’ensemble de la supply chain


La généralisation du télétravail et la forte volatilité du marché durant la crise sanitaire ont invité de nombreux acteurs de la branche à accélérer leurs projets de digitalisation et d’automatisation. Des projets qui transforment inévitablement les métiers du transport et de l’entreposage, et nécessitent la montée en compétences de leurs opérateurs et opératrices, tous niveaux de qualification confondus.

Les métiers d’entrepôt, par exemple, évoluent de plus en plus vers des fonctions de maintenance, de surveillance et de pilotage d’automates. Le recrutement de profils plus techniques et la formation professionnelle des salarié·es déjà en poste constituent, dès lors, des leviers essentiels pour répondre à une partie des besoins de main-d’œuvre du secteur.

> Pour aller plus loin : Digitalisation et robotisation : réinventer les métiers ?

L’amélioration des conditions de travail proposées est aussi un enjeu majeur pour les employeurs, qui connaissent de fortes difficultés de recrutement malgré une demande de travail relativement forte :

  • L’automatisation des pratiques est notamment une évolution à valoriser aux yeux des candidat·es, souvent découragé·es par la pénibilité redoutée des métiers d’entrepôt. Réception, dépalettisation ou encore convoyage sont pour autant des tâches physiques qui disparaissent progressivement, au profit de fonctions davantage axées sur le contrôle qualité et la maintenance ;
  • L’amélioration de la qualité de vie au quotidien est aussi déterminante pour rendre de nouveau attractifs les emplois en CDI ou CDD, notamment de conduite routière. Déplacements longue distance, temps d’attente de chargement et de déchargement ou encore congestion routière sont à l’origine de nombreux départs de salarié·es en poste. Pour compenser ces inconvénients, de plus en plus d’entreprises tentent de mettre en place des modes d’organisation différents, par exemple la semaine de travail sur 4 jours.

Dans le cadre du plan de réduction des tensions de recrutement, lancée par le Ministère du travail en 2021, une charte de « développement de l’emploi et des compétences dans la branche des transports routiers et activités auxiliaires » a été signée par l’Etat et les partenaires sociaux en 2022. Objectif : mobiliser tous les leviers nécessaires pour aider les entreprises à recruter et fidéliser leurs salarié·es (image et information sur les métiers, amélioration des conditions, meilleure attractivité et optimisation des campagnes de recrutements).
Y contribue notamment l’organisme de formation professionnelle AFT Transport & Logistique qui organise pour les entreprises de nombreux évènements et met à leur disposition différents types d’outils.


> À lire aussi : Quelle organisation du temps de travail pour attirer et fidéliser les salariés ?



Pour sécuriser vos projets de recrutement en CDI et CDD, alternance ou intérim, Adecco met à votre service une offre entièrement personnalisée : campagne de communication autour de vos offres d’emploi et de votre marque employeur, présélection des candidatures, évaluation des candidats, validation précise de leur potentiel au moyen de tests et de mises en situation… Notre objectif ? La réussite et l’efficacité de votre process de recrutement, au service de la performance de votre activité ! Pour en savoir plus, contactez-nous.



(1)Rapport 2022 de l’Observatoire Prospectif des métiers et des qualifications dans les Transports et la Logistique.

(2)Enquête Besoins de main-d’œuvre Pôle Emploi 2023.

transport-logistique

Le marché de l’emploi du Transport-Logistique en 2023 : quels sont les freins au recrutement en CDI et CDD ?


Deux ans après les confinements sanitaires successifs, les chiffres du tourisme ont atteint un niveau record en 2022, et plus encore en 2023. Cet afflux, des ménages français comme de la fréquentation internationale, a permis de soutenir la reprise de l’activité en matière de transport de tourisme.

L’accueil dans l’Hexagone de plusieurs grands évènements sportifs en 2023 et 2024, ainsi que la crise énergétique actuelle qui impose au transport routier de développer de nouvelles stratégies, participent de plus à accentuer les besoins en compétences dans l’ensemble de la branche des transports et de la logistique.

Mais les besoins de recrutement du secteur se confrontent à de multiples difficultés (1) :

  • le manque de candidat·es qualifié·es (plus particulièrement aux métiers du transport routier de voyageurs) consécutif à la baisse de personnes formées durant les années de crise sanitaire du fait des contraintes d’organisation des centres de formation. Et ce malgré l’augmentation de + 16 % de nouveaux conducteurs et conductrices formé·es à la conduite de véhicules lourds en 2021, et la progression identique d’apprenti·es suivant une formation en Transport - Logistique ;
  • le besoin de renouvellement de la génération actuelle des salariés de la branche (et notamment des chauffeurs et chauffeuses), dont le vieillissement s’accentue : ils et elles sont 39 % à avoir plus de 50 ans, et l’âge moyen des salarié·es de la branche est de 44,5 ans (1) ;
  • l’attractivité en berne de certains métiers,notamment ceux relatifs à la conduite routière longue distance, ou aux fonctions d’entrepôt ;
  • un turn-over important,en augmentation constante depuis plusieurs années (qui s’est élevé à 23 % en 2021 contre 18 % en 2016).

Les 124 350 projets de recrutement 2023 (2) du secteur (dont plus de 83 % relèvent d’emplois en CDI ou CDD non saisonniers) sont donc contrariés par ces différentes problématiques. 58 % sont encore considérés comme difficiles par les recruteurs (contre 62 %pour 2022), notamment concernant :

  • les conducteurs de transport en commun sur route (82 % des recrutements jugés difficiles) ;
  • les conducteurs routiers (71 % difficiles) ;
  • les ouvriers non qualifiés de l’emballage et les manutentionnaires (53 % difficiles).

Les demandeurs et demandeuses d’emploi se positionnant sur les métiers du transport routier et de la logistique sont pourtant nombreux·ses : ils et elles étaient 621 480 fin 2021, visant en particulier le magasinage et la préparation de commande (161 610), la conduite et livraison sur courte distance (84 570) ou encore les opérations manuelles d’assemblage, de tri ou d’emballage (77 990) (1).


Pour bien recruter, mieux vaut connaître les aspirations professionnelles des salarié·es ! Pour cela, consultez le guide « Comprendre les aspirations professionnelles des employé.e.s et y répondre efficacement ». Les recherches d’Adecco, conduites auprès de plus de 1 300 employé·es dans 10 pays, peuvent vous aider à mieux anticiper cette situation et à dénicher les meilleurs talents pour votre entreprise !



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La généralisation du télétravail et la forte volatilité du marché durant la crise sanitaire ont invité de nombreux acteurs de la branche à accélérer leurs projets de digitalisation et d’automatisation. Des projets qui transforment inévitablement les métiers du transport et de l’entreposage, et nécessitent la montée en compétences de leurs opérateurs et opératrices, tous niveaux de qualification confondus.

Les métiers d’entrepôt, par exemple, évoluent de plus en plus vers des fonctions de maintenance, de surveillance et de pilotage d’automates. Le recrutement de profils plus techniques et la formation professionnelle des salarié·es déjà en poste constituent, dès lors, des leviers essentiels pour répondre à une partie des besoins de main-d’œuvre du secteur.

> Pour aller plus loin : Digitalisation et robotisation : réinventer les métiers ?

L’amélioration des conditions de travail proposées est aussi un enjeu majeur pour les employeurs, qui connaissent de fortes difficultés de recrutement malgré une demande de travail relativement forte :

  • L’automatisation des pratiques est notamment une évolution à valoriser aux yeux des candidat·es, souvent découragé·es par la pénibilité redoutée des métiers d’entrepôt. Réception, dépalettisation ou encore convoyage sont pour autant des tâches physiques qui disparaissent progressivement, au profit de fonctions davantage axées sur le contrôle qualité et la maintenance ;
  • L’amélioration de la qualité de vie au quotidien est aussi déterminante pour rendre de nouveau attractifs les emplois en CDI ou CDD, notamment de conduite routière. Déplacements longue distance, temps d’attente de chargement et de déchargement ou encore congestion routière sont à l’origine de nombreux départs de salarié·es en poste. Pour compenser ces inconvénients, de plus en plus d’entreprises tentent de mettre en place des modes d’organisation différents, par exemple la semaine de travail sur 4 jours.

Dans le cadre du plan de réduction des tensions de recrutement, lancée par le Ministère du travail en 2021, une charte de « développement de l’emploi et des compétences dans la branche des transports routiers et activités auxiliaires » a été signée par l’Etat et les partenaires sociaux en 2022. Objectif : mobiliser tous les leviers nécessaires pour aider les entreprises à recruter et fidéliser leurs salarié·es (image et information sur les métiers, amélioration des conditions, meilleure attractivité et optimisation des campagnes de recrutements).
Y contribue notamment l’organisme de formation professionnelle AFT Transport & Logistique qui organise pour les entreprises de nombreux évènements et met à leur disposition différents types d’outils.


> À lire aussi : Quelle organisation du temps de travail pour attirer et fidéliser les salariés ?



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(1)Rapport 2022 de l’Observatoire Prospectif des métiers et des qualifications dans les Transports et la Logistique.

(2)Enquête Besoins de main-d’œuvre Pôle Emploi 2023.