Patients non communicants : comment échanger avec eux ?

Découvrir des méthodes et outils permettant d'établir le contact et d'échanger avec des patients non communicants.

28 May 2026

Une soignante souriante communicant avec sa patiente

La communication est la clé de voûte d'une bonne relation soignant-patient. Mais comment créer un échange lorsque ce dernier est dans l'incapacité de parler ou qu'il n'est pas en mesure de comprendre ? Qu'il s'agisse de communication verbale ou non verbale, des méthodes existent pour échanger avec des patients non communicants.

Patients non communicants : qui sont-ils ?

La communication est l'art de transmettre un message. Pour communiquer, il faut un émetteur, un récepteur et un message qui passe de l'un à l'autre. Pour que l'échange soit réussi, le destinataire doit également être en capacité de comprendre le message et d'y répondre. Pour cela, il existe différents canaux de communication : verbale, non-verbale, écrite, visuelle… Auprès d'un patient non communicant, l'enjeu est donc d'adapter ce canal en fonction de ses capacités cognitives, physiques et sensorielles. Cela concerne notamment :

Comme le définit Charlotte Delmouly, psychologue clinicienne, il s'agit de « personnes qui n'ont pas les moyens pour se faire comprendre » en milieu de soins ordinaire. Cette incapacité peut se manifester par :

  • une absence de réponse aux questions ;
  • une incapacité physique à exprimer des besoins, douleurs ou émotions ;
  • une compréhension partielle des informations transmises ou perception relative d'un environnement.

Dans ces différents cas, une prise en charge spécifique est donc requise.

Un enjeu de santé publique

En France, le vieillissement de la population va de pair avec une augmentation des cas de démences avancées où la communication verbale disparaît. Ainsi, la population des plus de 85 ans a doublé entre 2015 et 2025, tandis que l'on dénombre plus de 225 000 nouveaux cas d'Alzheimer chaque année d'après l'Insee et le ministère de la Santé.


Comment communiquer avec un patient non communicant ?

Il existe plusieurs méthodes pour échanger avec des patients non communicants.

Choisir le bon canal de communication

Le soignant doit d'abord observer son patient pour savoir s'il est compris. Cette évaluation préliminaire permet ensuite de déterminer le bon canal de communication : verbal ou non verbal.

« Le moteur de la communication avec les patients en déficit de communication, c'est la volonté du personnel soignant d'entrer en relation avec la personne dite non communicante. » - Charlotte Delmouly, psychologue clinicienne.


La communication verbale

Si la communication verbale est possible, celle-ci doit être adaptée au patient : ralentissement du débit, modulation de la tonalité de la voix, utilisation de phrases simples, reformulation des propos autant de fois que nécessaire... La communication est également facilitée si le soignant et le soigné disposent des mêmes codes langagiers verbaux ou non verbaux (langue, réactions physiques à une situation, etc.).

Enfin, le soignant peut s'appuyer sur la méthode de l'auto-feedback, qui consiste à parler à voix haute, en monologue, puis à observer et décrypter les réactions du patient. Par exemple, le soignant peut dire « Je vais maintenant vous laver le dos, est-ce que cela vous convient ? », marquer une pause et observer la réaction du patient qui peut être une grimace s'il n'est pas d'accord ou un signe de relâchement si cela lui convient.

Pour aller plus loin, découvrez « MediPicto AP-HP », une application qui permet aux professionnels de santé de communiquer avec les patients ayant des difficultés à s'exprimer en utilisant des pictogrammes traduits en 16 langues.

La communication non verbale

La communication ne peut être verbale ? Sachez que la voix n'est pas la seule manière d'entrer en contact avec les patients non communicants : le regard et le toucher sont des modes d'interaction tout aussi pertinents :

  • La pratique du regard intentionnel permet d'entrer en relation et de transmettre des émotions et des messages au patient, tout comme le simple fait de sourire.
  • Le toucher relationnel est un moyen de communiquer pour transmettre empathie, sécurité et présence au patient.
  • Le langage corporel a son importance, aussi bien pour décoder les besoins des patients (grimaces, agitation, regards…) que pour renforcer le lien avec eux et réduire l'anxiété (contacts physiques, distance physique plus ou moins grande entre le soignant et son patient, etc.).

Et si la réponse des patients non communicants reste difficile à déchiffrer dans un tel contexte, c'est avant tout une question d'habitude, de sensibilité et de persévérance !

Vous avez envie d'en savoir plus sur la communication non verbale ? Lisez notre article « Décrypter le langage corporel : ce que dit la bouche ».

Conclusion

Pour les professionnels de santé, échanger avec un patient non communicant est tout à fait possible à travers des méthodes de communication verbale ou non verbale adaptées à chaque pathologie et profil médical. Au-delà, la volonté du soignant d'entrer en contact avec son patient et d'entretenir avec lui une relation de confiance sont tout aussi déterminants.