TPE-PME : comment encadrer le télétravail de vos collaborateurs dans la confiance

Le développement soudain du travail à distance, imposé par la crise sanitaire au niveau mondial, a bouleversé les pratiques managériales de nombreuses entreprises. Pour y faire face, certaines TPE-PME ont cherché de nouveaux moyens d’encadrement automatisé de leurs salariés. Pour preuve, les intentions d’achat de logiciels de surveillance ont enregistré un score record en mars 2020, 500 fois supérieur à celui de l’année précédente (1) ! Une tendance qui interroge, dans une période où la motivation des salariés semble devoir être soutenue avant tout par un management de proximité et un dialogue social de qualité.

21 September 2020

Le développement soudain du travail à distance, imposé par la crise sanitaire au niveau mondial, a bouleversé les pratiques managériales de nombreuses entreprises. Pour y faire face, certaines TPE-PME ont cherché de nouveaux moyens d’encadrement automatisé de leurs salariés. Pour preuve, les intentions d’achat de logiciels de surveillance ont enregistré un score record en mars 2020, 500 fois supérieur à celui de l’année précédente (1) ! Une tendance qui interroge, dans une période où la motivation des salariés semble devoir être soutenue avant tout par un management de proximité et un dialogue social de qualité.

Encadrement du télétravail : les limites du contrôle logiciel

Les avancées technologiques peuvent aujourd’hui permettre aux entreprises de contrôler de façon quasi illimitée la productivité de leurs collaborateurs, qu’ils travaillent en présentiel ou à distance :

  • système de pointage auto-déclaratif ;
  • enregistreur de frappe (keylogger) ;
  • compteur de flux de données échangées avec le réseau de l’entreprise, de temps de connexion ou encore de nombre de fichiers modifiés ;
  • contrôle de la messagerie professionnelle (nombre de mails ouverts et/ou envoyés, contenu des messages, etc.).

La principale question en la matière ne concerne donc pas tant les possibilités techniques offertes aux entreprises, que le véritable intérêt à les exploiter. Car si ces solutions peuvent de prime abord paraître rassurantes pour faire face à une mise en œuvre parfois précipitée du télétravail, elles laissent souvent rapidement pointer leurs limites opérationnelles.

En effet, 6 mois après le début de la crise Covid-19, le constat est sans appel : le grand enjeu pour les employeurs est aujourd’hui de raviver la motivation et l’engagement de leurs salariés, fortement émoussés par les bouleversements de leurs conditions de travail et la conjoncture économique. Sur les 2000 salariés interrogés lors d’une enquête Opinion Way en juin 2020 (2), 36 % déclaraient ne pas se sentir suffisamment motivés pour attaquer une reprise dans l’objectif de rattraper le temps perdu…

Le contrôle automatisé de l’assiduité et de la productivité en télétravail peut-il, à lui seul, adresser un signal positif et encourageant vers la mise en œuvre d’une nouvelle dynamique au sein des entreprises ? Il y a fort à parier que non. Car c’est avant tout la qualité du management de proximité, du dialogue social et de l’expérience collaborateur qui semble être la clé de l’encadrement judicieux du télétravail, dont la pratique expose particulièrement les salariés concernés au sentiment d’isolement et de solitude professionnelle (selon 46 % des salariés interrogés, dans le sondage précité).

>> Aller plus loin : Fédérer et motiver vos collaborateurs : une priorité !

>> À lire aussi : 5 conseils pour garder le lien avec vos collaborateurs malgré la crise

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Surveiller l’activité des salariés en télétravail : une pratique elle-même très encadrée…

Quel que soit le choix managérial des entreprises, les méthodes de contrôle du télétravail éventuellement choisies ne peuvent pas s’affranchir des règles de droit applicables en la matière.

En vertu de l’article L120-2 du Code du travail, tout contrôle doit être justifié par la nature de la tâche accomplie par les salariés, ainsi que proportionné au but recherché.

De plus, le Comité social et économique (CSE) doit être informé et consulté avant toute décision de mise en œuvre de moyens ou de techniques permettant un contrôle de l'activité des salariés ( article L2312-38du Code du travail).

Enfin, les salariés eux-mêmes doivent évidemment être mis au courant de l’application de nouveaux dispositifs de surveillance ; à plusieurs reprises, la Cour de cassation a déjà eu l’occasion de rappeler que leur information préalable était absolument indispensable.

Besoin de main-d’œuvre temporaire, en télétravail ou en présentiel, en intérim classique ou en CDI intérimaire ? Grâce au portail entreprise d'Adecco, découvrez tous les talents que nous avons soigneusement sélectionnés et formés pour vous !

(1) Étude ISG Research 2020, conduite auprès de 2000 grandes entreprises.

(2)Sondage Opinion Way pour le MEDEF, Juin 2020, conduit auprès de 1120 salariés.

encadrer-teletravail

Le développement soudain du travail à distance, imposé par la crise sanitaire au niveau mondial, a bouleversé les pratiques managériales de nombreuses entreprises. Pour y faire face, certaines TPE-PME ont cherché de nouveaux moyens d’encadrement automatisé de leurs salariés. Pour preuve, les intentions d’achat de logiciels de surveillance ont enregistré un score record en mars 2020, 500 fois supérieur à celui de l’année précédente (1) ! Une tendance qui interroge, dans une période où la motivation des salariés semble devoir être soutenue avant tout par un management de proximité et un dialogue social de qualité.

Encadrement du télétravail : les limites du contrôle logiciel

Les avancées technologiques peuvent aujourd’hui permettre aux entreprises de contrôler de façon quasi illimitée la productivité de leurs collaborateurs, qu’ils travaillent en présentiel ou à distance :

  • système de pointage auto-déclaratif ;
  • enregistreur de frappe (keylogger) ;
  • compteur de flux de données échangées avec le réseau de l’entreprise, de temps de connexion ou encore de nombre de fichiers modifiés ;
  • contrôle de la messagerie professionnelle (nombre de mails ouverts et/ou envoyés, contenu des messages, etc.).

La principale question en la matière ne concerne donc pas tant les possibilités techniques offertes aux entreprises, que le véritable intérêt à les exploiter. Car si ces solutions peuvent de prime abord paraître rassurantes pour faire face à une mise en œuvre parfois précipitée du télétravail, elles laissent souvent rapidement pointer leurs limites opérationnelles.

En effet, 6 mois après le début de la crise Covid-19, le constat est sans appel : le grand enjeu pour les employeurs est aujourd’hui de raviver la motivation et l’engagement de leurs salariés, fortement émoussés par les bouleversements de leurs conditions de travail et la conjoncture économique. Sur les 2000 salariés interrogés lors d’une enquête Opinion Way en juin 2020 (2), 36 % déclaraient ne pas se sentir suffisamment motivés pour attaquer une reprise dans l’objectif de rattraper le temps perdu…

Le contrôle automatisé de l’assiduité et de la productivité en télétravail peut-il, à lui seul, adresser un signal positif et encourageant vers la mise en œuvre d’une nouvelle dynamique au sein des entreprises ? Il y a fort à parier que non. Car c’est avant tout la qualité du management de proximité, du dialogue social et de l’expérience collaborateur qui semble être la clé de l’encadrement judicieux du télétravail, dont la pratique expose particulièrement les salariés concernés au sentiment d’isolement et de solitude professionnelle (selon 46 % des salariés interrogés, dans le sondage précité).

>> Aller plus loin : Fédérer et motiver vos collaborateurs : une priorité !

>> À lire aussi : 5 conseils pour garder le lien avec vos collaborateurs malgré la crise

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Surveiller l’activité des salariés en télétravail : une pratique elle-même très encadrée…

Quel que soit le choix managérial des entreprises, les méthodes de contrôle du télétravail éventuellement choisies ne peuvent pas s’affranchir des règles de droit applicables en la matière.

En vertu de l’article L120-2 du Code du travail, tout contrôle doit être justifié par la nature de la tâche accomplie par les salariés, ainsi que proportionné au but recherché.

De plus, le Comité social et économique (CSE) doit être informé et consulté avant toute décision de mise en œuvre de moyens ou de techniques permettant un contrôle de l'activité des salariés ( article L2312-38du Code du travail).

Enfin, les salariés eux-mêmes doivent évidemment être mis au courant de l’application de nouveaux dispositifs de surveillance ; à plusieurs reprises, la Cour de cassation a déjà eu l’occasion de rappeler que leur information préalable était absolument indispensable.

Besoin de main-d’œuvre temporaire, en télétravail ou en présentiel, en intérim classique ou en CDI intérimaire ? Grâce au portail entreprise d'Adecco, découvrez tous les talents que nous avons soigneusement sélectionnés et formés pour vous !

(1) Étude ISG Research 2020, conduite auprès de 2000 grandes entreprises.

(2)Sondage Opinion Way pour le MEDEF, Juin 2020, conduit auprès de 1120 salariés.