Rapport d’étonnement : mode d’emploi pour les entreprises

7 March 2018


Le rapport d’étonnement s’est largement démocratisé, au point de devenir aujourd’hui un incontournable du management participatif. Il permet de recueillir les premières impressions de vos nouveaux collaborateurs. Son but ? Identifier ce qui fonctionne et ce qui pourrait être amélioré, ainsi que la qualité de l’intégration de votre nouvelle recrue. Vous vous demandez comment l’utiliser efficacement ? On fait le point !

Un rapport d’étonnement, qu’est-ce que c’est ?

Le rapport d’étonnement est une pratique qui consiste à recueillir auprès d’un salarié ou d’un intérimaire récemment recruté, le regard qu’il porte sur l’entreprise qu’il vient de rejoindre. Une occasion de bénéficier d’un avis relativement neutre sur vos différents process. Équipes, management, ambiance de travail, organisation, valeurs, etc. Tout peut être décortiqué dans ce rapport.

Et en ce qui concerne la méthode, il n’y a pas de règles : ce sont les informations recueillies qui sont primordiales ! Le rapport peut donc est autant oral qu’écrit : tout dépend de la forme avec laquelle votre recrue se sent la plus à l’aise. 

Les objectifs du rapport d’étonnement

Le rapport d’étonnement est avant tout un outil de management participatif et de communication interne. Ses bénéfices ?
  • Pour l’entreprise : repérer des dysfonctionnements invisibles aux équipes en place, déceler des opportunités d’optimisation, identifier les points à consolider.
  • Pour le nouvel embauché : c’est l’occasion d’être écouté dès le départ, d’objectiver son ressenti, d’apporter des idées, mais aussi d’accélérer son l’intégration et de renforcer son sentiment d’appartenance.

Le conseil Adecco : pour que le rapport d’étonnement soit pertinent et constructif, soumettez-le au nouveau collaborateur dans les 3 mois maximum qui suivent son embauche.

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Onboarding, expérience collaborateur, engagement des équipes… Les équipes Adecco sont à votre écoute pour échanger sur vos problématiques et vous orienter vers des solutions adaptées.

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Réaliser un rapport d’étonnement efficace : nos conseils

Si la forme et le contenu du rapport d’étonnement peuvent varier, c’est à vous de l’optimiser pour en faire un outil pratique et vraiment utile. Voici quelques conseils à suivre pour y parvenir.

Donnez un modèle à votre collaborateur pour le guider

Formaliser la structure du rapport est un moyen pour garantir son efficacité, et sa compréhension par votre collaborateur.
  • Format : il doit être court (2 à 3 pages maximum) pour éviter les redites et encourager la synthèse.
  • Structure : le document contient généralement plusieurs parties que vous pouvez organiser en fonction de vos objectifs : perfectionnement des produits/services, gestion des collaborateurs, amélioration des locaux, organisation interne, outils, méthodes de travail, communication, onboarding, etc.
  • Découpage : pour chaque partie, la trame de fond doit vous permettre d’identifier facilement trois types d’étonnements : l’étonnement positif (forces, bonnes surprises), l’étonnement neutre (zones d’incompréhension ou de curiosité), l’étonnement négatif (irritants, décalages, besoins non couverts).
  • Questions : elles doivent permettre de guider pour aider la recrue sans la brider. Exemples : « Qu’est-ce qui vous a facilité la prise de poste ? », « Quels points ont été flous ou difficiles à comprendre ? », « Avez-vous identifié des pratiques inspirantes ? »

Le conseil Adecco : Beaucoup de nouveaux arrivants osent décrire les problèmes, mais pas les solutions ! Une simple case « Vos pistes d’amélioration » clarifie l’attente.

Comme évoqué ci-dessus, ce document peut être rempli à l’écrit, ou servir de trame pour une restitution orale.

> En savoir plus : 5 clés pour améliorer l’expérience collaborateur

Inspirez sans influencer

L’idée est de cadrer sans orienter les réponses. Le rapport d’étonnement doit rester un espace de sincérité, mais il a besoin d’un léger pilotage pour être exploitable. Quelques pistes pour guider sans brider :
  • Partagez les grands axes que vous souhaitez voir traiter : qualité de l’intégration, cohérence des missions, communication interne, ergonomie des outils, etc.
  • Ouvrez des questions sur les sujets stratégiques du moment. Exemple : si vous venez de lancer une nouvelle politique d’onboarding ou un outil RH, demandez aux nouvelles recrues ce qu’elles en ont pensé concrètement.
  • Encouragez la franchise (bienveillante) : précisez que l’objectif est d’améliorer l’organisation de l’entreprise.
  • Incitez au regard critique et aux propositions :
    • « Selon vous, comment pourrait-on améliorer ce processus ? »
    • « Quel serait, d’après vous, un premier petit changement rapide à mettre en place ? »
  • Rassurez sur la confidentialité et la finalité : certaines recrues n’osent pas signaler un irritant s’il concerne un manager, un outil ou un collègue. Expliquer la démarche libère la parole.
Le conseil Adecco : Proposez éventuellement un court debrief oral avant la restitution. En 5 minutes, vous pouvez clarifier l’objectif, rassurer et éviter les hors-sujet.

Rapport d’étonnement : comment traiter les résultats ?

Vous avez proposé des rapports d’étonnement à vos nouvelles recrues ? Félicitations ! Pour que cette nouvelle démarche soit efficace, il vous reste désormais à les analyser vraiment.

Combien de temps laisser au salarié  ?

Il est recommandé de laisser 1 à 2 semaines à votre collaborateur pour remplir ou soutenir son rapport d’étonnement. C’est le délai idéal pour que la personne ait le temps de penser à ses réponses, tout en ayant encore un regard neuf !

Qui doit prendre connaissance du rapport d’étonnement ?

Pour être exploitable, un rapport d’étonnement doit idéalement être partagé par au moins deux personnes :
  • Le manager direct, pour comprendre les points opérationnels ;
  • Les RH, pour repérer les tendances globales et les points de vigilance.

Identifier les signaux et faire le tri

Pour préserver au maximum votre objectivité lors de votre analyse, aidez-vous d’un cadre simple :
  1. Les faits : ce qui est factuel (un outil compliqué, un process flou) ;
  2. Les ressentis : ce que la personne a vécu (trop d’infos, peu guidée…) ;
  3. Les signaux récurrents : ce qui revient chez plusieurs recrues interrogées.

Distinguez quick wins et chantiers de fond

Tous les retours ne demandent pas la même énergie pour être corrigés. Gagnez en efficacité en classant les informations :
  • Quick wins : corrections simples, faciles à mettre en place (clarifier un document, compléter un kit d’accueil, ajuster un process).
  • Chantiers longs : gaps organisationnels, outils à revoir, manque de coordination interne.

Le conseil Adecco : ne négligez pas cette étape ! Elle évite l’effet « liste infinie » et vous aide à prioriser.

Faut-il faire un débrief individuel après le rapport ?

Absolument ! Et c’est souvent la partie la plus riche de l’exercice. La durée idéale de ce type d’entretien est de 20 à 30 minutes. L’objectif du débrief est de :

  • clarifier les points flous ;
  • vérifier que vous avez bien compris ;
  • rassurer sur la confidentialité et la finalité ;
  • remercier pour la transparence.

Le rapport d’étonnement est un très bon outil d’amélioration continue. Bien structuré, analysé et suivi, il permet de mettre en valeur les points forts, de corriger les irritants et d’impliquer activement vos collaborateurs dans l’entreprise. Et ce n’est pas réservé aux nouvelles recrues ! Il peut être utilisé après une mutation interne, un changement de méthode ou l’implémentation d’un nouvel outil, pour collecter l’avis de vos équipes à certaines étapes décisives d’un projet.