Allocation chômage : quels sont vos droits ?

28 February 2023

Votre contrat de travail ou votre mission d’intérim touche bientôt à sa fin et vous vous interrogez sur vos droits au chômage ? Les règles d’indemnisation évoluent régulièrement et les dernières mises à jour ressemblent parfois à un casse-tête ! Dans cet article, on fait le point sur l’essentiel : les conditions d’éligibilité, le calcul du montant de l’aide au retour à l’emploi (ARE) et la durée d’indemnisation. Découvrons ensemble si vous êtes éligible. 

Allocation chômage : combien de temps faut-il avoir travaillé ?

Au cours de la vie professionnelle, il arrive de se retrouver entre deux emplois ou entre deux missions d’intérim. L’allocation chômage, également appelée allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), permet de subvenir à ses besoins dans ces périodes de pause en compensant une partie de votre perte de salaire.

Pour savoir si vous y avez droit, vous devez commencer par comptabiliser le nombre de jours durant lesquels vous avez travaillés au cours de ce qu’on appelle votre « période de référence », c’est-à-dire :

  • Durant les 2 années qui ont précédé la fin de votre dernier contrat de travail, si vous avez moins de 55 ans ;
  • Durant les 3 années qui ont précédé la fin de votre dernier contrat de travail, si vous êtes âgé de 55 ans et plus.

Pour ouvrir vos droits auprès de France Travail, vous devez avoir travaillé :

  • au moins 6 mois (soit 130 jours, ou 910 heures) durant cette période de référence, tous contrats de travail confondus ;
  • au moins 5 mois (soit 108 jours ou 758 heures) s’il s’agit exclusivement de travail sous contrats saisonniers.

Attention, certaines périodes n’entrent pas en compte dans le calcul des jours travaillés :

  • L’exercice d’une activité non salariée ou indépendante (par exemple en micro-entreprise) ;
  • Un congé sans solde de plus d’un mois ;
  • Un congé sabbatique ;
  • Une disponibilité (pour les agents de la fonction publique).

En revanche, vos périodes d’arrêt pour maladie ou accident du travail, et pour arrêt maternité ou paternité, sont prises en compte.

Bon à savoir : vous ne pouvez pas prétendre au chômage si vous avez démissionné de votre emploi, sauf (et sous conditions spécifiques) :

  • Si votre démission est justifiée par un impératif personnel légitime (changement de lieu de résidencesuite à un mariage ou un Pacs, etc.) ;
  • Si elle a lieu dans un objectif de reconversionou de poursuite de projet professionnel ;
  • Si vous quittez votre emploi pour un autre contrat de travail auquel votre employeur met fin dans les 64 premiers jours ;
  • Si, après un précédent licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de CDD, vous quittez votre nouvel emploi dans ses 64 premiers jours (et n’avez pas été inscrit à France Travail entre les 2 contrats) ;
  • Si, après une inscription à France Travail, vous retrouvez un emploi et y mettez fin dans les 88 premiers jours du contrat (610 heures) : vous pouvez alors récupérer vos droits à l’assurance chômage.

> À lire aussi : Combien de temps faut-il rester dans son premier emploi ?

 

Prêt à préparer la suite ?

Une fin de contrat ouvre souvent sur une nouvelle phase : bilan, démarches et, parfois, nouvelles opportunités. Les conseillers Adecco sont là pour vous aider à faire le point et à trouver rapidement une mission adaptée à votre profil.

Quelle est la durée d’indemnisation du chômage ?

Si vous y avez droit, l’allocation chômage vous est versée chaque mois pendant une durée déterminée, qui est calculée par France Travail en fonction du nombre de jours écoulés entre le début de votre premier contrat de travail pris en compte dans votre période de référence, et la fin de votre dernier contrat de travail, durant les deux années précédentes (ou durant les 3 années précédentes si vous avez 55 ans ou plus).

Ces contrats ne doivent pas avoir déjà servi à ouvrir des droits à l’allocation chômage, évidemment.

Tous les jours sont pris en compte, du 1er jour de votre premier contrat de travail, au dernier jour de votre dernier contrat, même les périodes pendant lesquelles vous n’étiez pas en emploi (par exemple entre deux missions d’intérim ou entre deux contrats) : la prise en compte des jours non travaillés est toutefois plafonnée à 70 % des jours effectivement travaillés, depuis le 1er avril 2025.

Certaines catégories de jours sont en revanche retirées de ce décompte et ne sont pas retenues par France Travail dans son calcul. Par exemple :

  • Période d’arrêt maladie supérieure à 15 jours consécutifs ;
  • Congé maternité ou paternité indemnisé ;
  • Accident du travail ou maladie professionnelle, etc.

Enfin, depuis le 1er février 2023, un coefficient de 0,75 est appliqué au nombre de jours retenus par France Travail : vous obtenez ainsi votre durée d’indemnisation, qui ne peut toutefois pas être inférieure à 182 jours calendaires.

Exemple :

Le nombre de jours retenus pour le calcul de votre Allocation chômage est de 300. Votre durée d’indemnisation est alors de 300 x 0,75 = 225

Votre période d’indemnisation maximale est ensuite limitée en fonction de votre âge :

  • Jusqu’à 18 mois (548 jours calendaires) si vous avez moins de 55 ans ;
  • 22,5 mois (685 jours calendaires) si vous êtes âgé de 55 ou 56 ans ;
  • Jusqu’à 27 mois (822 jours) si vous avez 57 ans et plus.

Si le marché de l’emploi se dégrade alors que vos droits à indemnisation chômage sont bientôt épuisés, un complément de fin de droits peut vous être attribué automatiquement : votre durée d’indemnisation peut alors être prolongée et s’étendre au nombre de jours retenus par France Travail  sans application du coefficient de 0,75.

> À lire aussi : Trou sur un CV : comment présenter une pause dans votre parcours professionnel ?

Quel est le montant de l’allocation chômage ?

Votre allocation est calculée en fonction des rémunérations que vous avez perçues pendant votre période de référence : il s’agit de votre salaire de référence, qui correspond à l’ensemble de vos rémunérations brutes, primes et autres avantages compris (hors indemnités liées à la rupture des contrats de travail, type prime de précarité, indemnités compensatrices, indemnités de licenciement, etc.).

Dans certains cas, votre rémunération effectivement perçue pendant votre période de référence sera majorée par France Travail. C’est le cas si vous avez touché des rémunérations réduites par exemple lors d’arrêt maladie, de congé maternité, de congé parental d’éducation ou encore d’activité partielle.

Une fois votre salaire de référence déterminé, celui-ci est divisé par le nombre de jours prévus par votre durée d’indemnisation : vous obtenez alors votre salaire journalier.

Votre allocation chômage journalière est alors égale :

  • Soit à 40,4% de ce salaire journalier + 12,47 € de partie fixe (système de calcul possible depuis le 1erjuillet 2022) ;
  • Soit à 57 % de votre salaire journalier.

La méthode de calcul la plus avantageuse pour vous est retenue par France Travail (dans la limite de 75 % maximum de votre salaire journalier). Dans tous les cas, elle ne peut pas être inférieure à 32,13 € par jour.

Bon à savoir :

  • certains prélèvements sont déduits de ce montant (cotisations retraite, cotisations Sécurité sociale etc.), ainsi que l’impôt sur le revenu à la source selon les situations.
  • si vous avez été licencié pour motif économique, votre allocation est calculée sur une base spécifique ;
  • pour certains allocataires (bénéficiant d’une allocation journalière de 92,57 € ou plus, et ayant moins de 55 ans), l’allocation est dégressive après un délai de 6 mois d’indemnisation.

France Travail met à votre disposition un simulateur pour évaluer votre durée d'indemnisation et votre montant d'allocation chômage. 

Que se passe-t-il si vous retrouvez un emploi alors que vous percevez votre allocation chômage ?

Vous avez retrouvé du travail avant la fin de votre période d’indemnisation ? Plusieurs solutions s’offrent à vous.

Le report de vos droits à l’allocation chômage :

Si votre durée d’indemnisation n’est pas terminée, vous pourrez bénéficier plus tard des jours d’indemnisation vous restant, dans un délai de 3 ans après votre reprise du travail dès lors que vous retrouvez de nouveau sans emploi (sauf en cas de démission, sous réserve des situations particulières évoquées un peu plus haut).

Le versement de l’ARE en complément de votre rémunération

Vous pouvez aussi décider de continuer à toucher une partie de votre allocation en complément de vos nouveaux revenus, si ceux-ci sont inférieurs au salaire de référence qui a été utilisé pour le calcul de vos droits au chômage.

Dans ce cas, vous devez continuer à faire votre actualisation mensuelle à France Travail, et déclarer votre revenu brut perçu le mois précédent, afin que votre allocation de complément puisse être calculée et vous être versée.

France Travail propose un simulateur pour évaluer vos droits à complément en cas de reprise du travail.

 

N’hésitez pas à vous renseigner pour bénéficier de vos droits à l’assurance chômage : la plupart des démarches sont réalisables en ligne ! Et pour trouver un nouveau travail facilement, découvrez toutes nos offres d’emploi et nos possibilités d’accompagnement sur votre appli Adecco & Moi.
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